Histoire des archives

Des Archives de l’AOF aux Archives nationales de Côte d’Ivoire

L’Histoire des Archives en Afrique occidentale française (AOF), remonte à la date du 21 avril 1912 : un décret est pris qui vient modifier certaines dispositions de l’édit de juin 1776, permettant ainsi aux colonies de garder désormais, à l’exception des registres d’état civil, tous les documents produits.

C’est l’arrêté général du 1er juillet 1913, du gouverneur général de l’AOF, qui jette les bases réelles de la création d’un dépôt d’archives du gouvernement général de l’AOF, ainsi qu’au chef-lieu de chacune des colonies de la fédération. Mais, cette institution connut des fortunes diverses en AOF. Cet arrêté fut notamment suivi d’une circulaire d’application laissée malheureusement en désuétude jusqu’en 1953. Entre temps, les  archives ont été érigées en bureau et ont connu un changement de tutelle, allant du cabinet du gouverneur à l’Institut français d’Afrique noire (IFAN) en 1944.

L’arrivée de l’archiviste paléograhe Jacques Charpy à la tête des archives de l’AOF permet d’organiser les archives : l’arrêté du 9 juillet 1953 établit le premier règlement des archives de l’AOF. Ce texte fixait de façon détaillée les modalités de fonctionnement des services d’archives, en insistant sur les attributions de l’archiviste en son article 2-a qui mentionne : « L’archiviste conserve, classe, répertorie et inventorie tous les documents versés au déposés au dépôt d’archives ». Il précisait en outre les mesures d’acquisition, de traitement, de conservation, et de communication des documents. L’on y trouve aussi des dispositions concernant le personnel archivistique et le matériel de traitement, ainsi que la sauvegarde des cercles et subdivisions.

En Côte d’Ivoire, les archives vont se maintenir sous la tutelle de l’IFAN jusqu’au 27 mai 1957, date à laquelle, elles sont placées sous l’autorité du ministre de l’Intérieur, grâce à la décision du lieutenant-gouverneur de Côte d’Ivoire, au moment où est appliqué la loi-cadre Defferre. Ce rattachement administratif avait pour but non seulement de mieux contrôler les archives des collectivités locales et territoriales, mais aussi de favoriser le développement des services d’archives au plan national.

Le décret n° 76-314 du 04 juin 1976, portant règlement général des Archives nationales de Côte d’Ivoire, érige officiellement le service des Archives du gouvernement en direction des Archives nationales de Côte d’Ivoire. Cette direction sera éphémèrement confiée au ministère de la Culture de 1991 à 1993, avant de revenir sous la responsabilité du ministère de l’Intérieur depuis 1994.

 

Les missions des Archives nationales de Côte d’Ivoire selon le décret de 1976

Au regard du décret de 1976 et les décrets successifs organisant la direction des Archives Nationales, elle est chargée de :

–       de recevoir les archives émanant des organismes de l’Etat ;

–       de mettre en œuvre la politique de reconstitution du patrimoine archivistique national et la gestion du fonds colonial des archives historiques ;

–       de classer et de conserver les archives des administrations centrales ;

–       de gérer ou traiter les archives d’usage épisodique dans les dépôts de l’administration de l’Etat ;

–       d’assurer la publicité des documents d’archives ;

–       de représenter de l’Etat au sein de toutes les organisations archivistiques internationales ;

–       d’assurer le contrôle et d’assistance auprès des services de l’Etat pour obtenir un meilleur archivage des documents ;

–       de sauvegarder de tous les documents d’archives non publics réputés d’intérêt national ayant pris naissance sur  le territoire ivoirien ;

–       de contrôler, d’harmoniser, de centraliser et de conserver les archives des collectivités territoriales.

Ces différentes missions ont pour objectifs de garantir l’authenticité et la pérennité de l’information administrative.


Texte de Venance Bahi Gouro, directeur des Archives nationales de Côte d’Ivoire, 2016.

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